Au-delà de Joseph Kabila, les grandes exigences pour la jeunesse congolaise!

  • 10 March 2017
  • admin
image: 

Actuellement la République Démocratique du Congo traverse une crise politique causée par le retard qu’a connu le processus électoral par rapport au délai constitutionnel. Un retard n’a rien de fatidique comme certains politiciens veulent le faire croire à la population. Il a été bien voulu et préparé depuis les élections de 2006, quand le peuple congolais a voté son premier président démocratiquement élu, à savoir Joseph Kabila. Depuis lors, la démocratie a été confisquée par le pouvoir. En 2011, Joseph Kabila a été reconduit après des élections caractérisées par beaucoup d’irrégularités. A la fin de son deuxième et dernier mandat selon la Constitution, tous les stratagèmes sont envisagés pour conserver Joseph Kabila au pouvoir contrairement aux dispositions constitutionnelles.

Joseph Mobutu et Joseph Kabila : Ressemblance et dissemblance (L’histoire se répète ?)

Les dernières années du règne de Joseph Mobutu avaient été marquées par beaucoup de maux qui sont encore visibles dans le mode de gouvernance du régime actuel de Joseph Kabila : corruption, limitation de la liberté d’expression, culte de la personnalité, pillage des ressources de l’Etat, volonté de rester éternellement au pouvoir, etc.

Contrairement au règne de Joseph Kabila, le pays avait une cohésion plus ou moins apparente sous le règne de Joseph Mobutu. Pour le moment, la division et le clivage entre l’Est et l’Ouest semblent même être des choix politiques ou un mode de gouvernance. Une des choses positives aujourd’hui c’est que le peuple est éveillé plus qu’à l’époque de Mobutu. Il peut s’exprimer et réclamer ses droits malgré les intimidations.    

Au soir de son règne, Mobutu avait convoqué la Conférence Nationale Souveraine – la conférence la plus longue d’Afrique, qui s’est étalée sur une année et demie-  dont le but était de réunir les citoyens Zaïrois pour discuter et trouver des solutions aux problèmes du pays. Mais les résolutions de cette conférence n’ont jamais été appliquées. De la même manière, le gouvernement Kabila utilise les mêmes stratégies de « résolution » des problèmes du pays en organisant les Concertations nationales en septembre-octobre 2013, le dialogue national en septembre-octobre 2016 qui a débouché sur la signature d’un accord politique permettant à Joseph Kabila de rester au pouvoir jusqu’en avril 2018, contrairement aux dispositions constitutionnelles. Le dialogue national ayant été jugé non inclusif, les évêques catholiques tentent de trouver un large consensus en impliquant la partie importante de l’opposition qui l’avait boycotté.

Pendant la Conférence Nationale Souveraine, Joseph Mobutu avait marqué une absence non justifiée. Pendant les concertations nationales et le dialogue national, Joseph Kabila a aussi marqué une absence non justifiée. Dans tous les cas, on peut se demander comment un peuple peut sérieusement discuter et trouver des solutions aux problèmes qui rongent le pays quand les chefs se font carrément représenter sans motif aucun. L’histoire se répète ! Ou carrément on peut dire que Joseph Mobutu est physiquement mort mais son esprit s’est incarné ? Non, évitons le concept religieux mais quand on voit l’entourage de Joseph Kabila, n’est-ce pas les mobutistes qui règnent avec lui ? « Les hommes passent mais les esprits restent » dit-on. Le peuple congolais se retrouve face à un cercle vicieux. "La folie, c'est de tout le temps faire la même chose et de s'attendre à un résultat différent», selon Albert Einstein.

Ancien journaliste, Joseph Mobutu était éloquent et se médiatisait facilement contrairement à Joseph Kabila, lui, qui est devenu le « roi du silence » même devant des problèmes sérieux du pays.  Nous savons tous, comment Mobutu est parti, mais nous ne savons pas encore comment Kabila va finir son règne. Le départ de Mobutu était plus une initiative et une volonté des pays voisins (avec le soutien des Américains), que celles du peuple congolais. Joseph Kabila, quant à lui, serait en bons termes avec les pays voisins. Et d’ailleurs lors d’un Sommet des Chefs d’Etats en octobre 2016 à Luanda, les dirigeants de la CIRGL avaient entériné le controversé accord politique entre la Majorité Présidentielle (MP) et une frange de l’opposition et qui prévoyait conserver Joseph Kabila au pouvoir ‘’ jusqu’à l’élection d’un nouveau président en 2018’’. Néanmoins cet accord avait été jugé non inclusif par le Rassemblement des forces politiques acquises au changement, qui regroupe une frange importante de l’opposition, l’Eglise Catholique et les mouvements citoyens qui, avec le soutien de l’Union Européenne  et des USA, avaient exigé un autre dialogue plus inclusif qu’ils appelaient : « négociations directes ». Celles-ci ont été confiées par Joseph Kabila à la Conférence Episcopale Nationale du Congo avec l’accord de l’opposition. Du dialogue facilité par la CENCO a découlé la signature d’un autre accord le 31 décembre 2016. Cet accord prévoit l'élection présidentielle à la fin de l’année 2017 et donne la primature au Rassemblement et met en place un comité national de suivi national présidé par l’opposant historique Etienne Tshisekedi. Comme le précédent, cet accord aussi maintient Joseph Kabila au pouvoir jusqu'à l'élection de son successeur. Il renferme plus des principes que des engagements. Un « arrangement particulier » est prévu pour définir les modalités de la mise en œuvre de l’accord. Cet arrangement particulier devra préciser la composition du conseil national de suivi de l'accord, la répartition des postes au sein du futur gouvernement, et la procédure de désignation du Premier Ministre. Les discussions sur cet arrangement particulier se poursuivent et ont été compliquées par la mort d’Etienne Tshisekedi survenu  le 1er février 2017 à Bruxelles. Les Evêques souhaitent pouvoir boucler leur mission le plus tôt possible car les discussions interminables peuvent être une nouvelle manœuvre dilatoire pour ne pas organiser les élections en 2017.

Quel que soit le respect de la Constitution, quels que soient les accords, un jour Joseph Kabila quittera le pouvoir, n’importe comment. Dans ce papier, nous avons voulu penser une nouvelle ère après Joseph Kabila, en touchant le fond du problème au lieu de se laisser distraire par sa personnalité. Identifier certaines des pratiques que la jeunesse doit combattre pour faire sortir le pays du cercle infernal. 80% des 80 millions de Congolais  sont des jeunes. .  Cette jeunesse est en majorité au chômage. Et si je disais que Joseph Kabila n’est pas totalement responsable du mal congolais ? Il a hérité d’un système, des comportements et habitudes qui en sont responsables et qui vont lui survivre comme ils avaient survécu à Joseph Mobutu. Il est donc de la responsabilité de la jeunesse congolaise d’exiger ou de s’impliquer pour remplacer ce système, ces comportements et habitudes archaïques et en créer d’autres qui répondent aux défis et aux besoins du moment. Ci-dessous certaines des « choses » que la jeunesse congolaise doit s’assurer que Joseph Kabila amène avec lui…quand il partira.

  1. La victimisation :

Demandez à un(e) Congolais(e) pourquoi il/elle souffre ? Pourquoi le pays est pauvre et instable politiquement ? Les réponses peuvent varier d’une personne à l’autre mais parmi les meilleures réponses ou arguments c’est à cause des « autres » que nous souffrons. C’est la faute des Belges qui nous avaient colonisés, les voisins ‘mabé’ : les Rwandais, les Ougandais, surtout les Rwandais, les Blancs en général (ils convoitent nos ressources du sous-sol). C’est aussi à cause de la tribu X qui n’est pas la mienne Y.

La victimisation est la justification passe-partout que nous Congolais donnons toujours face à nos problèmes. Elle nous décharge de notre responsabilité. Voilà pourquoi quand on tue les gens à Beni, la réponse du gouvernement  c’est de dire : « ce sont les ADF NALU ! », une fois de plus donc les mauvais voisins. (Et pourtant certains rapports d’Experts et des Nations -Unies ont montré que l’identité des massacreurs de Beni est à chercher au-delà de la seule sphère des ADF NALU). Et si ce sont les ADF NALU, que fait le gouvernement pour les neutraliser ? Quelle est l’efficacité des opérations militaires mises en place pour sécuriser la zone ?  « L’essentiel n’est pas ce qu’on a fait de toi, mais ce que tu as fait de ce qu’on a fait de toi » avait dit Jean-Paul Sartre. Ici il n’est pas question d’oublier ce que ces « autres là » ont fait au Congolais, mais de se relever toujours et prendre ses responsabilités. Les poux n’entrent que sur une tête sale!

Quand la victimisation ne passe pas et que notre responsabilité est soulignée, nous répondons que nous sommes souverains. Surtout quand c’est un gouvernement qui tue sa propre population, nous disons : nous sommes souverains. Nous n’avons pas des leçons à recevoir des impérialistes ! Rappelons ici la répression sanglante, en date du 19 septembre 2016, des manifestants qui demandaient à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) de convoquer le scrutin de l’élection du président conformément à l’article 73 de la Constitution.  

Au-delà donc de la victimisation ou de la culpabilisation, le peuple congolais doit s’assumer et prendre en main sa propre destinée.

  1. Le culte de la personnalité

Trois figures historiques emblématiques ont utilisé le culte de la personnalité pour endoctriner leur peuple : Mussolini, Staline et Hitler. Afin de soumettre leur peuple, ils se sont fait une image suprême qui les place au-dessus de la mêlée pour se faire vénérer comme des dieux vivants. Ils se sont présentés comme des sauveurs de leur peuple et plusieurs techniques sont utilisées pour cette fin tels que des photos, des surnoms, des slogans, des affiches, des films, des monuments, etc. qui vantent leur prétendu caractère exceptionnel. Mussolini, par exemple, se faisait appeler "il duce", du latin "dux" qui signifie "guide", "conducteur" ou "chef". Il était donc celui qui devait guider l'Italie vers la gloire et la puissance. Hitler quant à lui s’était surnommé  "führer", qui veut aussi dire "guide" en allemand. Il était considéré comme celui qui était censé guider tout le monde vers la bonne voie et guider l'Allemagne vers la gloire. Staline était surnommé "le petit père des peuples". Un surnom qui lui donne une image de père qui se soucie de sa population, qui fait tout pour la rendre heureuse. Un gentil.  

Beaucoup de dictateurs ou chefs d’Etat ont aussi utilisé le culte de la personnalité. Joseph Mobutu était « le léopard », et de son vivant il a mis son image sur la monnaie congolaise, sur des timbres, etc. et nous nous souvenons encore très bien des « malinga » (danses) que nous avons dansés en son honneur. « ♪ ♪ Mungu juu na Mobutu hapa chini ku Zaïre ♩♩♫! » (Dieu au ciel et Mobutu ici sur terre, au Zaïre). Vraiment ! Il s’est fait le père de la nation en créant un Etat à parti unique. Après lui, est venu le « Mzee », ensuite Joseph Kabila le ‘momemi maki abundaka te’ (celui qui porte les œufs ne se bat pas) ou encore le Raïs, un mot swahili qui veut dire ‘président’ mais qui peut être interprété comme le ‘guide’. D’autres titres ou surnom sont attribués même à des individus selon leur rôle joué sur la scène politique, militaire ou sociale : Il y avait le « Sphinx de Limeté ou encore le Leader Maximo Etienne Tshisekedi », il y a encore le « patriarche Gizenga », etc. Et la musique congolaise reste un vecteur important de tous ces mythes. Actuellement ce culte de la personnalité a atteint son paroxysme au sein des partis politiques, des églises voire des services étatiques. Et à travers cette pratique de l’époque féodale, les Congolais colonisent leurs frères et sœurs.

  1. Accoutumance au désordre

Vous avez sûrement déjà entendu parler de la dépendance à l’alcool, au sexe ou aux drogues. Mais il y a d’autres sortes des dépendances qui peuvent concerner tout un groupe d’individus, un peuple ou une nation. Les scientifiques ont prouvé par exemple que les Américains (leurs politiciens) ont une dépendance au pétrole. De même il y a lieu de penser que les Congolais seraient dépendants au désordre et à la souffrance. Depuis le règne de Joseph-Désiré Mobutu jusqu’à aujourd’hui, le chaos a été privilégié comme un mode de gouverner voire un mode de vie.  L’injustice, la corruption, le détournement, l’insécurité, etc., autant de maux et de vices qui rongent la société congolaise et qui, au lieu d’être combattus, sont encouragés. Même le slogan tel que : « tolérance zéro » n’est qu’une phrase vide de sens car en vérité on voit des criminels, des voleurs gratifiés et élevés à des hauts rangs. Tolérance zéro ou tolérance plus plus ! Le peuple congolais, comme une femme violée donnée en épouse à son violeur, doit continuer à supporter de voir leurs bourreaux siéger dans les ministères, aux parlements et dans différents services de l’Etat ?

  1. Politique du ventre et politique de la mort

Développé par Jean-François Bayart dans son ouvrage « L’État en Afrique : la politique du ventre », la politique du ventre est un concept qui désigne une manière d'exercer l'autorité avec un souci exclusif de la satisfaction matérielle d'une minorité. Dans ses différentes acceptions, la politique concerne la société, son organisation, son fonctionnement voire l’exercice du pouvoir au sein de la société et pour la société. Nulle part dans la compréhension du mot politique est mentionné la poursuite des intérêts égoïstes et individualistes. Et pourtant aujourd’hui dans la société congolaise la politique est conçue comme  une opportunité de s’enrichir matériellement et d’avoir une position sociale. Dans la quête des intérêts égoïstes en politique, on tombe dans la démesure qui pousse certains à sacrifier des vies humaines pour la conquête ou la conservation du pouvoir. Les guerres ethniques, la création et l’encadrement des groupes armés, la répression violente des manifestants, le non-respect de la constitution, la corruption et le détournement des fonds publics, etc. ont été motivés par cette politique du ventre. Où est la place de l’éthique dans la pratique de la politique chez les Congolais ? Devant l’argent les politiciens congolais perdent leur dignité pour se faire acheter comme des minables ; et cela malgré leurs titres académiques.

  1. Le système mobutiste

Comme nous l’avons dit ci-haut, l’un des grands maux de la RDC est le système mobutiste installé par Mobutu (avec l’aide des USA et des Européens) et qui lui a survécu. Envisager un changement, il faut s’attaquer à ce système et non se limiter seulement à changer un individu. Les sanctions imposées ces deux derniers mois aux hauts responsables dans l’entourage de Joseph Kabila par les USA et l’Union Européenne sont une preuve que nous ne devons pas nous limiter à la personne de Joseph Kabila. Quand Joseph Kabila partira, la jeunesse congolaise doit s’assurer que son remplaçant et tous les autres futurs présidents de la RDC n’utilisent plus ce système dans leur mode de gouvernance. Il faut dire que les mobutistes sont éparpillés partout, dans la majorité présidentielle tout comme dans l’opposition voire dans les composantes de la société civile. Ainsi donc la jeunesse ne doit pas se leurrer croyant que ce système peut prendre fin par un coup de magie. Elle doit donc étudier son mode de fonctionnement, identifier tous les mobutistes, leurs partisans partout où ils se trouvent et les gouvernements étrangers qui les soutiennent en cachette. Pour plus d’informations sur le système mobutiste nous recommandons aux jeunes congolais de lire le  « Dossier sur le système criminel mobutiste ».

 (https://archive.org/stream/DossierSurLeSystmeCriminelMobutiste/mobutu_djvu.txt)

Toute personne qui voudrait voir un Congo nouveau émerger au cœur de l’Afrique doit aider la jeunesse congolaise à comprendre et à supprimer ce système mobutiste. L’apparition des mouvements citoyens comme Filimbi et Lucha, où les jeunes s’impliquent pour exiger un changement, est porteur d’espoir. Mais cette jeunesse doit rester éveillée car malheureusement ceux qui les soutiennent ont participé à la création  de ce système et personne ne sait si leurs intentions sont désintéressées. Les USA et l’Europe avaient joué un rôle important dans l’installation de ce système sous Mobutu. Le Rassemblement, un groupe d’opposants, qui exige l’alternance contient des mobutistes bien connus de façon qu’un esprit éveillé doit se demander si les motivations des uns et des autres est vraiment un changement au profit du peuple congolais ou juste une alternance au sein de cette bourgeoisie congolaise dans le contrôle de l’appareil de l’Etat en vue de leur propre enrichissement.

 

 

S’il faut conclure !

Dans ce papier nous venons de dévoiler certaines pratiques que tout jeune congolais épris de changement doit refuser dès aujourd’hui avant même la fin du règne de Joseph Kabila. Le système mobutiste en est le pire car il contient tous les autres. Pour un Congo nouveau la jeunesse doit se mettre à l’œuvre pour mettre fin à ce système. Composée de la majorité de la population congolaise et la première victime des politiques archaïques et féodales, la jeunesse congolaise ne doit plus accepter ce néo-colonialisme par des colons noirs congolais. Ça peut demander du temps, mais avec la détermination nous allons y arriver.

Face aux défis internes du pays et les défis externes dans le concert des nations, la politique actuelle congolaise façonnée à la mobutienne est déjà périmée. Elle fait même la honte des Congolais face aux autres nations.  Comme nous l’avons dit ci-haut, le système mobutiste ne peut pas disparaître par un coup de prestidigitation. Il est déjà comme un virus dans la société congolaise car les jeunes s’accommodent avec facilement de façon qu’il est clair que ça ne va pas disparaître avec la mort des vieux politiciens qui ont été nourris au biberon du mobutisme.  Le cas du jeune président Joseph Kabila que le mobutisme a conquis est une démonstration de force de ce mal congolais et une vengeance contre Mzee Laurent-Désiré Kabila qui pensait pouvoir détruire ce système. Quand on se bat contre le mal il faut faire attention car il risque de t’habiter tout simplement !

Contre ce virus qu’est le système mobutiste nous proposons aux jeunes ce vaccin made in Africa : l’Ubuntu. Nous avons vu que le système mobutiste fonctionne par des vices dont la victimisation, le culte de la personnalité, le désordre, la banalisation de la souffrance et de la mort, la recherche des intérêts égoïstes, etc. Bref tous les vices qui sont à l’encontre de la philosophie d’Ubuntu. Ubuntu est une philosophie humaniste africaine fondée sur une éthique de la solidarité, de la compassion, de la dignité, de la générosité, de la bonté, de l’hospitalité et de l’interdépendance entre les humains : « Je suis parce que nous sommes ». Ainsi donc la politique basée sur la philosophie d’Ubuntu doit chercher à remplacer la victimisation par le sens de la responsabilité, le culte de la personnalité par la reconnaissance de l’égalité entre tous les êtres humains, le désordre par le self discipline et le sens de l’ordre, la quête des intérêts égoïstes par la quête du bonheur partagé qui fonde le vivre ensemble des « bantu » (humains), et enfin la banalisation de la souffrance et de la mort par la valorisation de la vie par-dessus tout. La jeunesse doit aider la population congolaise, surtout sa classe politique à recouvrer son sens d’Ubuntu. Ces professeurs d’universités, ces diplômés d’universités, ces hommes d’églises qui sacrifient leur dignité pour les intérêts privés au détriment de la nation congolaise, doivent être amenés à recouvrer leur « ubuntu ».  Dans le « je suis parce que nous sommes » d’Ubuntu il n’y a que le partage des joies et des souffrances et non la colonisation des uns par les autres.

Cette transformation sociale peut être envisagée sur le plan individuel et sur le plan communautaire. Sur le plan individuel chaque jeune congolais doit travailler sur lui-même pour extirper de sa vie tous les vices et y planter les vertus d’Ubuntu. Il doit aussi défendre ces vertus à tout prix et veiller à ce qu’ils ne soient violés ni en lui ni en aucun autre être humain. Il doit lire les œuvres des grandes personnalités comme Mandela, Albert Camus, Martin Luther King, Gandhi etc. qui ont défendu l’humain dans tous les hommes et suivre leur exemple. Sur le plan communautaire, le peuple congolais doit s’éveiller et refuser la normalisation de tous les vices qui caractérisent le système mobutiste. Il doit insister jusqu’à ce que les valeurs d’Ubuntu soient respectées et pratiquées par tous et partout. Il doit embrasser des révoltes constructrices pour se libérer du système mobutiste. En tant que victime il doit refuser de tomber amoureux de ses bourreaux qui sont les mobutistes. Vu que l’Ubuntu est aussi présent dans les mobutistes, bien que ces derniers le nient en eux-mêmes et dans les autres, le peuple congolais doit agir avec compassion pour amener ses politiciens mobutistes à recouvrer le sens de l’humain qu’ils ont en eux. Quand les leaders congolais fonderont leur politique sur l’humain que tous les êtres ont en partage, la RDC pourra alors se relever et l’Afrique avec elle.  

 

Romuald Adili Amani

 

                                                                                                   Fait à Goma, le 10/03/2017

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.