Etienne Tshisekedi wa Mulumba

  • 2 February 2017
  • admin
image: 
  1. L’homme qui disait « niet »

Etienne Tshisekedi, avec son air éternellement boudeur sous son inamovible képi, représente l’opposition politique, le refus de s’associer aux pouvoirs successifs au Zaïre de Mobutu et à la RDC des Kabila père et fils. Les plus anciens se rappellent, évidemment, son compagnonnage avec le jeune Mobutu le lendemain de l’indépendance du pays, sa participation au gouvernement qui porte encore la responsabilité de l’assassinat de Patrice-Emery Lumumba sur la conscience. Mais ce débat semble n’intéresser que les nostalgiques, et le temps a fini par ne garder du Sphinx de Limete que l’image de celui qui, en des circonstances et à une époque où tout le monde s’inclinait devant un Mobutu triomphant, a osé s’opposer, a clamé « NON » alors que la mode était à un « OUI » massif et « révolutionnaire ».

Les foudres qui se sont abattues sur lui par la suite, des brimades à l’enfermement dans un asile psychiatrique en passant par la relégation dans son village natal, ont fini de construire le mythe de Tshisekedi, qui passera par la suite au statut de véritable icone lors de l’épopée de la Conférence nationale souveraine qui le nommera Premier Ministre, poste qu’il n’occupera pas longtemps du reste, comme si l’opposition lui seyait mieux que l’exercice du pouvoir.

L’arrivée des Kabila au pouvoir ne changera pas l’homme, ni l’image que les Congolais se sont désormais fait de lui. En 2006, il appelle au boycott des élections, laissant du coup émerger un jeune loup de la jungle politique congolaise, Jean –Pierre Bemba Gombo. En 2011, « Ya Tshitshi », ainsi que l’appellent affectueusement les Kinois, change de stratégie et brigue la présidentielle. Les résultats officiels le donnent battu mais il ne les reconnaît pas et prête serment comme Président élu ; il s’emmure davantage dans sa posture d’opposant au régime de Joseph Kabila et est considéré comme le seul à pouvoir le changer par des voies démocratiques.

On lui a parfois reproché son intransigeance et son immobilisme, mais tant qu’il était là, tant qu’il faisait peur aux tenants du pouvoir, nous lui pardonnions tout. La grande question qu’il nous laisse, c’est de savoir qui va continuer à porter ce combat, qui va désormais incarner le front du refus, sans lequel aucun début de démocratie n’est envisageable.

 Force est, en effet, de constater qu’Etienne Tshisekedi, à l’instar de la plupart des leaders du continent, n’a pas préparé sa relève. Son parti, l’UDPS, et l’opposition politique se trouvent désormais orphelins.

Comme pour parachever son image de l’homme qui n’aimait pas le pouvoir, le Sphinx de Limete, qui a été qualifié de « Phénix de Limete » à cause de la façon spectaculaire dont il a rebondi sur la scène politiquement en 2016 en s’imposant comme un acteur-clé et incontournable dans le dénouement de la crise en cours, il ôte son mémorable képi et tire sa révérence avant d’exercer les fonctions de Président du Conseil national de suivi de l’accord de la Saint Sylvestre. Sacré Tshitshi !

       2. Son héritage

Etienne Tshisekedi wa Mulumba est une sorte de modèle politique en RDC. Les épreuves et les frustrations qui ont jalonné son parcours ne l’ont ni coulé, ni poussé à se compromettre avec le pouvoir, alors que la plupart de ses compagnons ont été régulièrement débauchés par les régimes successifs de Kinshasa. Mais ce modèle-là est-il tenable pour une jeunesse mal formée, qui se bat au quotidien pour la survie ? Dans les circonstances actuelles, la barre a été très haut placée, et les jeunes auront du mal à suivre les traces de ce géant qui, hélas, a géré son parti et les groupes qu’il dirigeait de manière extrêmement patrimonialiste.

Onesphore Sematumba

2 février 17

Commentaires

le partit politique ayant comme objectif de conquerir le pouvoir le plus long temps possible, il na pas bien géré sont partit politique qui est considéré aujourd'hui comme propriété privée violant le principe de la démocratie. si dans son partit politique il y avait pasla démocratie, comment allé -t-il operationalise la democratie dans le Pays? s'était ça stratégie de s' arrichir derier les tenants du pouvoir en distrzction de ces collègues de l'oopposition.

je suis très d'accord,... au sein de son partit politique il a centralisé le pouvoir, jusqu’à vouloir le garder pour la famille. donc la partie gestion, le bilan est négatif.

le partit politique ayant comme objectif de conquerir le pouvoir le plus long temps possible, il na pas bien géré sont partit politique qui est considéré aujourd'hui comme propriété privée violant le principe de la démocratie. si dans son partit politique il y avait pasla démocratie, comment allé -t-il operationalise la democratie dans le Pays? s'était ça stratégie de s' arrichir derier les tenants du pouvoir en distrzction de ces collègues de l'oopposition.

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.